Père Léon Monneron

12 septembre 1939 – 16 avril 2026

Léon est né le 12 septembre 1939 à Satillieu. Il était dans sa 53ème année de vie religieuse. Il avait été ordonné prêtre le 27 août 1977. La messe de funérailles a eu lieu ce lundi 20 avril à Champagne. Il a été ensuite inhumé dans le carré canonial du cimetière de Champagne qu’il a si bien entretenu. 
Dans l’action de grâce pour la vie consacrée et le rayonnement du ministère sacerdotal du P. Léon, nous le confions à la miséricorde du Seigneur et à l’intercession de la Vierge Marie, de notre père Saint Augustin, de saint Victor et de Saint Jean-François Régis, dans l’espérance de la Résurrection.

Baptisé ayant répondu à l’appel du Seigneur de se donner entièrement à lui dans la vie religieuse vécue en communauté de charité fraternelle, simple, humaine, vivante et proche de tous ; prêtre s’étant dépensé sans relâche pour célébrer l’Eucharistie, prêcher, baptiser, confesser, bénir les mariages, accompagner les fidèles vers la maison du Père comme nous le faisons pour lui aujourd’hui, notre cher Père Léon a vécu pleinement la parole du Seigneur Jésus que nous venons d’entendre : Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis. C’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. (Cf. Jn 15, 9-17) Cette parole nous entraîne à reconnaître la liberté de l’appel et la fécondité de la grâce de Dieu à travers ses serviteurs et ses prêtres, et aussi à rendre grâce pour la réponse du P. Léon.

Sa vie consacrée à Dieu et au service de ses frères, sa longue patience dans ses forces déclinantes et sa souffrance augmentant, sa mort qu’il attendait avec foi et espérance, font résonner avec force aujourd’hui, à nos oreilles et à nos cœurs, le commandement évangélique : Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Voilà ce à quoi l’Évangile que le Père Léon a servi tout au long de sa vie nous appelle tous, voilà ce que le Christ ressuscité, que nous célébrons en ce temps pascal, nous offre.

Le Père Léon a recherché tout cela avec constance, fermeté, fidélité ; en vrai ardéchois, qui a grandi dans cette belle et parfois austère montagne boisée autour de Satillieu et à l’ombre de Lalouvesc, à l’ombre de saint Jean-François Régis et de sainte Thérèse Couderc, ces deux grands saints de notre terre. Non des demi-saints ou des saints à moitié ! Des saints ardents, dévoués, entièrement donnés, qui l’ont profondément marqué, de qui le P. Léon a appris l’Évangile en actes !

Aussi il y avait-il dans le bon sourire, les yeux riants et le cœur profond du Père Léon un désir de simplicité, de radicalité, de clarté dans l’amour du Christ, de son mystère pascal, du salut qu’il nous offre, appelant la confiance dans la puissance de la grâce du Christ. C’est ce que nous dit avec force l’apôtre saint Paul en ce temps pascal où le mystère de la mort et de la Résurrection du Christ donne toute sa lumière non seulement à notre vie présente, mais aussi à ce passage de la mort que nous aurons tous à faire, et à notre espérance chrétiennes : Il s’agit de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. Je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. (Cf. Phil 3, 8-14)

Cette perfection, la plénitude de joie, de sainteté et de béatitude dans la communion éternelle à Dieu dans le Christ et dans l’Esprit Saint, la communion des saints en vue de laquelle nous prions Dieu pour tous nos défunts, voilà notre espérance, ce vers quoi la vie et la mort du Père Léon nous entraînent dans l’espérance.

Pour le Père Léon, il fallait que le jardin de l’abbaye, pour bien accueillir, soit digne, parfait ! Du jardin du paradis perdu à celui de la vie éternelle en passant par nos jardins d’ici-bas qui en sont comme des signes, c’est là une de ses images les plus traditionnelles dans l’histoire biblique et de la tradition chrétienne. Le paradis, en Dieu, sera alors comme un merveilleux jardin, chaque fleur atteignant sa beauté parfaite pour laquelle elle a été créée, le tout composant une harmonie unique, une symphonie de paix dans l’unité de l’amour, dans la pleine participation à la vie de Dieu.

Comme le dit notre Père saint Augustin à la toute fin de sa méditation sur la Cité de Dieu qui, au milieu des guerres et des tribulations, commence déjà maintenant dans les cœurs conquis par l’amour : « Là nous reposerons et nous verrons ; nous verrons et nous aimerons ; nous aimerons et nous louerons. Voilà ce qui sera à la fin sans fin… « Dieu sera tout en tous » (I Co 15, 28). Il sera lui-même la fin de nos désirs, lui que nous contemplerons sans fin, aimerons sans satiété, louerons sans lassitude. Et ce don, cette affection, cette occupation seront assurément, comme la vie éternelle, communs à tous. » (De civitate Dei 22, 30)

Cher Père Léon, que le Seigneur que vous avez aimé et servi, le Seigneur qui nous unit pour être dès maintenant « une seule âme et un seul cœur » (Ac 4, 32 ; Règle de Saint Augustin), vous accueille lui-même dans le jardin parfait qu’il a préparé pour y rassembler ses enfants !